Si
le système monétaire hérité de Charlemagne
s'est maintenu avec ses subdivisions en livres, sous et deniers, il connut néanmoins
des vicissitudes. Parce que l'unité de poids n'était pas la même d'une province
à l'autre, on vit coexister deux systèmes de monnaies : les monnaies
tournois, liées à l'atelier de Tours, et les monnaies parisis, liées à l'atelier
de Paris. Les premières valaient les quatre cinquièmes des secondes. Ces deux
systèmes de monnaies de compte devaient coexister jusqu'à la suppression du
denier parisis sous Louis XIV.
Les grosses monnaies d'or ou d'argent ne furent
que peu altérées. Mais on assista à une séparation de fait entre la monnaie
de règlement, relativement stable, et la
monnaie de compte,
sujette à dépréciation du fait de multiples mutations
monétaires.
Témoin
de cette dualité, l'écu traversa
la période jusqu'au début du XVIIème siècle mais fut à plusieurs
reprises renouvelé dans sa frappe et son appellation, chaque renouvellement
marquant à la fois une affirmation du pouvoir royal et une volonté de stabilité
monétaire. Ainsi se succédèrent l'écu d'or
à la couronne de Charles VI, l'écu
neuf de Chartes VII qui consacrait le redressement
monétaire dont Jacques Coeur avait été l'artisan, puis
l'écu d'or au soleil de
Louis XI qui allait devenir l'un des piliers du système monétaire français et
qui ne devait disparaître qu'en 1640, remplacé par le louis.